• La préparation:

- Faire monter le four à la température de recuisson du verre (autour de 500° pour le verre Effetre). Cette température sera maintenue pendant tout le temps de travail.

- Préparer les mandrins qui accueillerons la perle (baguette d'inox autour de laquelle on va venir enrouler le verre) en les plongeant dans un produit "séparateur" (mélange de kaolin et d'alumine). Ce qui permettra ensuite de retirer facilement la perle du mandrin.

- Étirer les baguettes de verre de couleur que l'on va utiliser. Une baguette fine permettra par exemple d'être plus précis dans le décor.

- Préparer les matières à inclure dans le verre s'il y en a (fil ou feuille d'argent, cuivre, aluminium, mica, oxydes etc...).

 

  • Le travail au chalumeau:

- Allumer le chalumeau (à mélange oxygène/propane) et régler la flamme (bleue et fixe).
- Mettre des lunettes de protection (flamme éblouissante).
- L'extrémité de la baguette de verre est chauffée progressivement: d'abord en haut de la flamme (loin de la buse), puis plus bas (là où la flamme est plus chaude: 1200°). Le verre en fusion change progressivement de couleur, rougeoie et prend la consistance du miel. S'il est chauffé trop rapidement, il y a un risque d'éclatement (choc thermique). Chaque couleur réagit différemment: elles ne fondent pas toutes à la même vitesse, ne sont pas toutes aussi sensibles aux écarts de température et changent de teinte pendant la fusion, d'où l'intérêt de bien les connaître pour travailler efficacement.
- Le verre ayant atteint une température entre 700° et 800°, il est enroulé autour du mandrin sur la partie enduite de séparateur.

La perle est donc travaillée dans sa masse par ajouts de couches de couleurs. En gérant la fusion de la pâte de verre (chauffe et refroidissement) il est possible de créer des décors plus ou moins saillants ou plus ou moins fondus.
- Émaux, métaux ou oxydes peuvent être inclus.

Exemples:
 - Une base opaque recouverte de transparent donnera de la profondeur ("enrobage"),
 - Les bulles sont crées en enfermant un vide d'air dans le verre,
 - Le "latticino" permet des décors réguliers en torsade,
 - Les "murrines" (tronçons de canne: dischetti) permettent une ornementation encore plus aboutie.
 - La technique du chevron, le soufflage, les points ("dots"), le "fuming", etc...

Une infinité de motifs sont possibles. Quand à la forme, elle est obtenue en donnant un mouvement de rotation continu du mandrin. Il s'agit de jouer avec l'attraction, de surveiller que le verre ne coule pas. Elle peut aussi être travaillée sur une palette de graphite ou en la pressant dans un moule.

A aucun moment la perle ne doit être retirée plus de quelques secondes de la flamme au risque de créer un choc thermique. Le refroidissement trop rapide des couches supérieures créerait une tension interne qui tôt ou tard lui serait fatales.

 

  • La recuisson:

La recuisson est une étape non négligeable puisque c'est elle qui va assurer une solidité maximale de la pièce, et la certitude que toutes les tensions dans verre sont relâchées.

Au fur et à mesure de leur fabrication, les perles sont déposées dans le four (à 500°) avec le mandrin.

En fonction du diamètre des perles, la durée de recuisson varie d'une à plusieurs heures. Pour ma part les perles terminées sont ajoutées l'une après l'autre dans le four maintenu à température suffisante pendant toute la durée du travail. L'ouverture se faisant le lendemain matin.
Ainsi quelque soit leur taille, elles sont toutes recuites, même les plus petites.

La perle totalement refroidie pourra ensuite être retirée du mandrin et nettoyée des résidus de séparateur.

 

  • Le travail à froid:

Pour aller plus loin il est possible de graver ou de dépolir une perle complètement ou partiellement (par système de cache adhésif), soit par sablage soit par bain d'acide.

D'autres décors peuvent aussi être crées sur la surface du verre avec la peinture à l'or fin: appliquée au pinceau puis cuite au four (entre 500° et 600°) en veillant à ne pas déformer la perle à la deuxième cuisson.